~  La Princesse de la Nuit   ~

chapitre 2



Elle décida donc de quitter les bois et de s'en retourner en sens
inverse du sentier. Mais hélas à ce moment il commença à pleuvoir.
Bon ça y est, il ne manquait plus que ça se dit t'elle, la pluie.
Elle qui maudissait la pluie, et ses vêtements qui étaient de plus 
en plus trempés, ses pieds qui devaient marcher dans cette boue qui
la répugnait aussi. Elle manqua alors mettre le pied sur une grosse couleuvre,
" pouah ! " Ce qu'elle trouvait ça dégueulasse cette espèce de monstre-là.
Elle ne remarqua pas que le sentier se divisait en deux à un certain endroit,
et sans le savoir encore, elle venait de prendre le mauvais chemin...

~

Il lui sembla qu'elle marchait depuis des heures, mais pourtant 
elle n'était pas allée si loin ? Puis le soleil se coucha peu à peu et la forêt
devenait de plus en plus sombre. Elle commença à paniquer sérieusement
en maudissant ces satanés enfants qui l'avaient dérangée au bord du lac,
c'était de leurs fautes si elle était maintenant dans un si mauvaise position.
Elle avait très froid aussi et se demanda bien si qu'elle allait devenir.
Elle aurait aimé pleurer si elle en avait été capable, mais elle avait toujours
rejeté cette émotion la qualifiant de faiblesse, car les émotions c'était
pour les autres, pas pour elle. La pluie cessa de tomber mais la nuit
était de plus en plus présente et les ténèbres s'installèrent…

Elle en voulait à mort à la vie, à ces enfants, à la pluie, à ces horribles bestioles 
et à toutes ces sales bêtes, elle s'en voulait à elle-même aussi d'avoir été aussi idiote 
de s'aventurer comme ça dans les bois en pensant y trouver un mieux-être.
Elle en était là de ses pensées, quand il lui sembla subitement qu'elle
avait aperçu une espèce de petite lueur qui avait bougé juste devant elle.
La lueur avait disparue et elle la chercha des yeux en souhaitant la revoir.
De longues minutes passèrent sans qu'elle ne soit pas capable de faire le moindre 
mouvement, car elle venait de s'accrocher à cette lueur qui peut-être reviendrait
et lui permettrait d'y voir quelque chose ou quelqu'un qui pourrait l'aider.
Puis la lueur revint en scintillant, alors elle essaya tant bien que mal 
de s'en approcher malgré qu'elle n'y voyait rien. Elle arriva de plus en plus
près et s'aperçut qu'en fait ce qui lui avait semblé être une lueur au loin,
était en réalité une lanterne, mais elle était tellement aveuglée par cette
lumière si subite qu'elle ne pouvait pas voir le personnage qui la tenait.




" Au secours, aidez-moi ! " cria t'elle, " Je suis perdue et il fait si noir ! "
Une voix mi-enfant mi-adulte lui répondit alors : " Suivez-moi, allons ! "
Elle suivit le drôle de personnage qui l'emmena à l'entrée d'une grotte et y pénétra.
Elle entra donc elle aussi dans cette grotte, et au bout de quelques pas elle vit
qu'ici il faisait enfin clair, il y avait des centaines de chandelles qui
l'éblouirent car ses yeux n'étaient plus habitués à une telle clarté.
Puis elle le vit lui, le personnage. Il avait un visage d'enfant et ses traits
étaient si délicats, ses mains étaient toutes petites et ses pieds aussi.
Son corps était svelte et reflétait la jeunesse mais pourtant quelque chose 
en lui clochait. En effet il portait une longue barbe pointue et toute blanche.
Puis la Princesse de la Nuit finit par s'endormir et ne pensa plus...

Elle ignorait comment de temps elle avait dormi dans sa tour des ténèbres,
sûrement longtemps car la chandelle qu'elle avait posée près de sa fenêtre
s'était complètement consumée, alors elle chercha à tâtons une autre chandelle 
et l'alluma, puis elle se rendit à nouveau près de la fenêtre et recommença
à observer la nuit. Elle passa la main dans ses longs cheveux et en même temps,
elle pensa que ça devait bien faire des années qu'elle se trouvait prisonnière 
dans cette tour car elle avait toujours porté ses cheveux très courts.
Elle détestait la coquetterie de ces filles qui rivalisaient entre elles 
et qu'elle comparait à un troupeau de louves à l'affût du mâle.

La nuit, les ténèbres, c'est tout ce qu'elle pouvait observer depuis sa tour,
aussi loin que son regard puisse lui permettre. A chaque fois qu'elle
se mettait devant son poste d'observation, c'était toujours la même routine,
elle promenait ses yeux de tous côtés et ses oreilles étaient toujours 
à l'affût du moindre bruit qu'elle aurait pu entendre aussi. Elle se demanda
si elle n'était pas devenue sourde, car rien ne venait jamais entraver son écoute.
Elle en était à se dire qu'elle aurait aimé entendre ne serait-ce que le son 
de la pluie ou encore mieux du tonnerre, ou le hurlement des loups,
ou encore les cris des enfants ou le croassement des grenouilles ou
même le bourdonnement des abeilles. Mais aucun son n'était audible, 
c'était le néant total, pas même le moindre bruissement du vent.



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